Vers 1182, le thème du Graal fait irruption dans la littérature chevaleresque avec le roman de Chrétien de Troyes Perceval le Gallois. Puis, à travers L’estoire del Saint-Graal de Robert de Baron, Perlesvaus et le Parzival de Wolfram von Eschenbach, il connaît un prodigieux développement qui culmine vers 1225 avec l’anonyme Queste del Saint-G raal. Depuis lors, le mystérieux objet porteur de secrets ineffables — écuelle de la Cène, vase où Joseph d’Arimathie recueillit le sang du Christ, ou pierre apportée par un ange — n’a cessé de hanter l’imaginaire occidental comme le plus haut symbole de la recherche de l’absolu. On a même parfois identifié sa périlleuse quête à la recherche initiatique du salut par les cathares.
C’est un fait : le cycle littéraire du Graal est rigoureusement contemporain de l’épanouissement du catharisme — mais aussi de la préparation et de la mise en oeuvre de la vaste entreprise de répression de « l’hérésie » que fut la Croisade albigeoise.
Il importait donc d’y regarder de plus près, de confronter soigneusement l’un des plus magnifiques événements littéraires du Moyen Age et cette religion cathare, dont l’implantation et la persécution furent l’un des événements majeurs de l’histoire interne de la chrétienté médiévale.
La mise en situation de ces deux séries de faits par rapport à leur contexte historique, aux circonstances politiques et sociales, aux données théologiques et au climat spirituel qui constituèrent leur toile de fond, débouche sur un certain nombre d’interrogations quelque peu provocatrices que l’auteur de L’Epopée cathare n’a pas voulu éluder.
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